Brøggertinden (720 m) 28 Septembre 2026
Organisé par : Florian T. Activité : Alpinisme Lieu : Svalbard Participants: mon collègue Jean-Michel
Description :
Au Svalbard, quand on a bien travaillé et que la météo le permet, on a parfois la chance de faire une petite excursion.Cette fois-ci on a pu partir de l’autre côté de la péninsule voir les glaciers du sud. Il existe une cabane que l’on peut réserver. 3 places. Un poêle. Bord de mer. Tranquillité garantie.
Le premier jour on remonte « notre » glacier et on passe un petit col qui nous amène sur Edithbreen, un autre glacier qui redescend de l’autre côté. Le paysage change. Il y a plein de rennes. Les oiseaux, très majoritairement migrateurs, sont déjà repartis vers d’autres latitudes. En cette fin septembre, la nuit polaire gagne à grands pas. Le soleil reste bas toute la journée. Comme un immense coucher de soleil qui ne s’arrêterait pas. Quand on parle de la lumière dans l’arctique, on parle notamment de ça.
Les ours polaires, eux, ne migrent pas. On reste donc bien vigilants, et on a l’obligation de porter un fusil (3,5 kilos), un pistolet d’alarme (1 kilo), une radio, un téléphone satellite, un inreach, une balise de détresse. Avec le reste du matos, ça pèse vite. Et le terrain est…varié. Seule certitude, pas l’ombre d’un sentier. On alterne entre glaciers, moraines chaotiques, sandurs plus ou moins pénibles, zones plus herbeuses, zones de mollisol, sortes de sables mouvants du froid, le tout dans une zone passablement escarpée.
Après 20 km, on atteint la cabane. Le temps de lancer le feu, on ressort admirer un coucher de soleil fantasmagorique. Repas du soir. On regrette quand même de ne pas avoir porté une petite bière pour l’occasion. On a eu la flemme. On vieillit.
Le lendemain, on longe la côte avant de franchir un col par une petite confluence glaciaire. Arrivés un peu tôt, une belle rampe neigeuse nous invite à aller gravir un sommet du coin. La rimaye passe bien. La rampe est plus raide qu’elle n’en avait l’air, mais les conditions de neige sont parfaites. Mon collègue Jean-Michel, qui ne fait de la montagne qu’au Spitsberg, serre les dents et regarde ses pieds. Il a bien raison, s’il dévisse on dégringole. On rejoint un col. La vue est magnifique. Sur ce promontoire proche de l’extrémité de la péninsule, l’océan nous entoure de tous côtés.
Il me laisse une demi-heure pour aller me hisser au sommet du Brøggertinden. Pas de difficultés particulières, mais faut quand même faire gaffe. Je voudrais pas laisser Jean-Mi tout seul.
A 720 m d’altitude, c’est moins haut que la roche de Hautepierre. Mais avec une petite bise cinglante dans le pif, ça vaut quand même son pesant de bois de renne.
Le temps d’immortaliser tout ça, et je rejoins les troupes pour la descente. Il nous faudra encore 3 h pour rejoindre la base. Cette fois la bière est au rendez-vous. Encore 28 km et plus de 1100 m de D+ aujourd’hui.
Lors de cette mission, en 2 semaines, on aura fait 168 km et 6400 m de dénivelée. Terrain pas très roulant. Aucun ravito. Sacs toujours trop lourds. Mais récompenses garanties.
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