Rando glaciaire en milieu polaire
16 Septembre 2026


Organisé par : Florian T.

Activité : Randonnée été/hiver

Lieu : Svalbard

Participants: mon collègue Jean-Michel

Description :


Pour connaître l’état d’un glacier, le mieux c’est encore d’aller voir.
Des équipes françaises se succèdent dans la base Corbel, au Svalbard, depuis 1963. Cette base est aujourd’hui gérée par l’IPEV, l’institut polaire français.

Le suivi n’a pas été continu. Il n’est pas facile de maintenir ce genre de mesures sur le long terme. Les gens s’en vont. Les crédits s’arrêtent.
Avec mon petit groupe de recherche, nous avons réussi à faire perdurer ça depuis 19 ans maintenant.
Le glacier sur lequel nous travaillons s’appelle l’Austre Lovénbreen. Il est l’un des 500 glaciers suivis régulièrement qui abondent l’inventaire mondial des glaciers (World Glacier Monitoring Service).
Notre travail constitue donc une des lignes de la base de données qui permet de connaître l’état de la cryosphère mondiale. Ces données alimentent les modèles d’évolution du niveau des mers et du climat. Elles servent aussi de base aux bilans réguliers qui sont communiqués à la société via des instances comme le GIEC.

Mais sur le terrain, un glacier c’est surtout une espèce de gros caramel en eau gelée qui flue par gravité. Et il faut toujours 2 guiboles et de préférence des crampons pour le fréquenter.
On y installe des balises à glace, des thermomètres automatiques, des appareils photo automatiques, on relève ses limites et ses mouvements au GPS, on cartographie sa surface avec des relevés laser Lidar, et on scrute son volume avec un radar de sol appelé GPR.
Bien sûr on le connaît bien, on le voit régulièrement. Suivre un glacier, c’est un peu l’inverse de ce qui se passe avec ses gamins : on ne le voit pas grandir, on le voit rapetisser.

Depuis 2007, et notre suivi continu, il a perdu 20 % de son volume total.
Sur la seule année 2024, il a perdu 3,4 % de son volume.
Cela fait plusieurs années déjà qu’il ne créé plus du tout de glace.
Je dis que c’est un glacier zombie. On le voit encore, mais il est déjà mort.

Vous avez vu les nouvelles des glaciers des Alpes. Mon collègue Matthias Huss a indiqué que les glaciers suisses ont perdu plus de 5 % de leur volume cette année. 20 % du total en seulement 5 ans. Ces chiffres sont sidérants.
En tant qu’alpinistes, notre probabilité de tomber dans une crevasse va augmenter dans les années à venir. Prenez soin de vous.





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