Traversée de la Meije 21 Juillet 2026
Organisé par : Alexis Lefevre Activité : Alpinisme Lieu : Ecrin Participants: Alexis et Quentin
Description :
Avec Quentin, nous avons débuté l'alpinisme, le ski de rando et commencé à rêver de sommets en même temps. Pour un de ses anniversaires, il y a 3 ans, je lui ai offert un livre avec les plus belles courses d'alpinisme des Écrins. La dernière de ce livre est la traversée de la Meije, une course mythique et allez savoir pourquoi, c'est devenu notre objectif ! Nous avions initiallement décidé de le faire à 3 avec Maxime, qui n'a malheureusement pas pu être de la partie suite à une blessure à la cheville...Ce dimanche 19 juillet 2026, on voit un créneau météo parfait pour le mardi et nous sommes disponibles : on bosse les topos et feu !
Je prends la route lundi matin pour Grenoble où je récupère Quentin. On prépare les affaires et départ pour La Grave où l'on va passer la nuit dans la voiture. Le mardi matin, on prend la première benne de 7h30 direction le refuge du Promontoire. Une première course cotée PD qui fera office de mise en jambe et de test pour le lendemain. Le départ est un peu paumatoire mais on s'y retrouve. Après un peu de crapahutage dans les rochers, on arrive tranquillement au glacier que l'on remonte pour arriver à la brèche de la Meije. À partir de là, il faut faire attention : le terrain est un peu pourri et il y a du monde devant, donc on y va doucement pour ne rien faire tomber. Après une petite désescalade et un rappel, nous voilà sur le glacier de la Meije et il nous reste 30 minutes pour rejoindre le refuge. Arrivée au refuge vers 12h10, environ 4h10 de course : honnête !
On s'annonce au refuge, on mange un bout et c'est reparti pour repérer la partie de l'itinéraire du lendemain que l'on devra faire de nuit. On se sent à l'aise, l'itinéraire déroule bien, on repère les pitons en place, les emplacements pour les protections, puis on s'arrête au niveau du couloir Duhamel : je n'avais plus d'eau...
On rentre tranquillement au refuge en profitant de la magnifique vue sur le massif ! On passe ensuite une bonne soirée au refuge, entre discussions, jeux de cartes, repas, histoires d'alpinisme, préparation des affaires, etc. Le lendemain, nous serons 9 cordées dans la traversée, dont 5 guidées. Notre plan est de partir en même temps que les guides puis d'essayer de les suivre pour rester efficaces et ne pas se perdre au niveau du passage de la dalle Castelnau que nous n'avons pas repéré.
Le lendemain, petit déjeuner à 3h30. Je suis un peu nauséeux, je n'arrive pas à manger, Quentin mangera pour deux. On voit que les guides commencent à partir alors que nous ne sommes pas prêts, on se dépêche ! Départ à 4h15 après les guides. Ça bouchonne au pas du Crapaud... On attend notre tour, puis une fois le pas passé, on accélère pour rejoindre les premières cordées de guides et éviter la foule. On connaît l'itinéraire, on avance bien et on rattrape les guides en haut du couloir Duhamel, parfait !
À partir de ce moment-là, on ne les lâchera plus ! Tout se passe bien et on enchaîne les passages mythiques : la dalle Castelnau, le mur Castelnau, le dos d'âne, la dalle des Autrichiens, le pas du Chat, la vire aux Encoches, et enfin le Cheval Rouge, tout en corde tendu ! Arrivés au sommet à 8h11, on est félicités par un guide, ça fait plaisir ! La, une petite pause s'impose car ça bouchonne dans les rappels du Grand Pic. On avait une corde de 50 m et une Rad Line pour les rappels. On tombe sur des Allemands qui, eux, n'avaient qu'une corde de 50 m ; on fera donc les rappels à 4 pour les aider !
Arrivés en bas des rappels, on passe par une arête effilée pour rejoindre le câble qui permet de contourner la dent Zsigmondy. Un passage que l'on pensait débonnaire mais en fait... pas du tout. C'est quand même physique, la glace est bien bien dure et ce n'est pas facile d'ancrer avec des piolets droits dans le couloir de fin à 70°. On perd un peu de temps mais ça passe, et c'est la dernière difficulté de la course. Une fois ce passage effectué, la suite de l'arête est du pur bonheur : on reste sur le fil, c'est évident, facile, on profite de la vue !
On arrive au Doigt de Dieu, on fait les 3 rappels en suivant le topo qui est assez précis et on prend pied sur le glacier du Tabuchet pour atteindre le refuge de l'Aigle. On n'avait jamais marché sur un glacier aussi crevassé et traversé des ponts de neige comme ceux-là... Pas très rassurant. On suit les traces en évitant les crevasses et en cherchant les ponts de neige qui inspirent le plus confiance. Finalement ça passe bien et les traces montrent globalement bien la voie (même si certaines vont droit dans des crevasses, des ponts de neige se sont effondrés récemment ?).
On arrive à l'Aigle à 14h30, 10h15 de course au total, pas peu fiers ! ^^ Petite pause repas et descente du refuge jusqu'au pont des Brebis. Une descente à ne pas négliger : encore un glacier à traverser et un sentier où il faut être concentré et mettre les mains. On arrive au pont des Brebis vers 19h et quelqu'un de sympathique nous prendra en stop pour nous éviter de marcher jusqu'à La Grave. On est super heureux et un peu fatigués !
Le plan initial était de rester dans le coin, mais le Tour de France nous oblige à fuir. On partira donc ensuite en Chartreuse rejoindre des copains pour faire un peu de couenne et grimper Kilukru à la Dent de Crolles, une superbe voie (6b, 6c, 6a+, 6c, marche, 6b) avec une escalade variée et au frais !
Bref, la traversée de la Meije, c'est une aventure, une concrétisation d'un projet pour nous, et l'ouverture vers plein de nouveaux projets un peu plus ambitieux que ce qu'on faisait jusque-là ! Très heureux d'avoir fait ça avec Quentin et de réaliser notre progression !
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